Chili : l’objection des institutions à l’avortement en route

Le 28 aout dernier, la Cour constitutionnelle a étendu l’objection de conscience à l’ensemble des personnels médicaux ainsi qu’aux institutions. Cet avis conforte la décision de certaines organisations telles que l’Université catholique de ne pas autoriser l’avortement au sein de leur réseau de cliniques.

Le lendemain, le recteur de l’Université catholique (UC) a déclaré que les médecins qui travaillent dans les institutions liées à l’université catholique pourraient évidemment faire usage de l’objection. Quant à ceux qui ne le feront pas, « nous devrons parler avec eux ». Le recteur a également déclaré que toute femme qui se présenterait pour un avortement à un établissement du réseau UC sera transférée vers un hôpital qui  pratique l’avortement.

Il est prévu qu’un registre soit tenu pour consigner la liste les médecins objecteurs.

Cette décision d’autoriser l’objection de conscience des institutions va évidemment être analysée comme un arbitrage partisan entre le droit à la liberté de conscience et le droit des femmes à la « santé » reproductive. Le cas de la la région de Los rios a été ainsi mise en avant. Cette région est desservie par l’hôpital de Panguipulli  qui tout en étant financé par des fonds public appartient au réseau UC. La difficulté, c’est que dans cette région le droit des femmes à l’avortement ne pourra être assuré du fait de la situation de monopole.

Le Chili a de beaux restes. Même si la pression médiatique pousse vers un abandon de cette objection institutionnelle, la loi a pu être entérinée par les autorités de l’Etat. Malgré tout, cet équilibre reste précaire et pourra être défait dans le futur. L’une des difficultés réside notamment dans le financement public. On comprend donc bien que ce combat pour l’objection des institutions nécessitera à la fin de sortir du système de financement public. La contrepartie de ce système de  financement public est en effet la nécessité de s’insérer dans le système de l’équilibre des droits avec ses nécessaires concessions à l’esprit du temps.

 

 

 

 

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