Italie : les médecins interrogés sur l’aide au suicide.

Pierantonio Muzzetto

Le journal L’Avvenire publie un entretien avec le docteur Pierantonio Muzzetto qui est le coordinateur du conseil national de déontologie de la Fédération nationale des chirurgiens et dentistes (Fnomceo). Nous reproduisons une traduction de cet entretien

« Le cas néerlandais est un cas tragique, qui interpelle les consciences et qui doit nous faire réfléchir également dans la perspective du débat au Parlement ». Pierantonio Muzzetto a été entendu à la Chambre par les commissions de la justice et des affaires sociales, chargées d’examiner les projets de loi relatifs à l’euthanasie. « J’ai réitéré la position approuvée par le Conseil de déontologie, qui réaffirme la valeur de la norme du code de déontologie des médecins: l’article 17 interdit au médecin » même à la demande du patient « d’accomplir ou de favoriser des » actes visant à causer la mort «  ».

Que pensez-vous de cette femme hollandaise qui voulait mourir ? 
Le cas doit être soigneusement évalué et nous devons savoir comment les faits se sont déroulés. Le suicide assisté ou l’euthanasie est certainement un échec de la médecine et de la société, indépendamment de la législation néerlandaise. En tant que médecin, j’estime que nous devons mettre en place tous les outils pour surmonter les inconvénients, et cela doit être encore plus vrai si la personne est jeune. Le cas spécifique fera l’objet d’une évaluation minutieuse lors de la consultation déontologique et sera partagé avec le Comité central et le président Filippo Anelli.

Qu’avez-vous dit aux comités assemblés à la chambre ? 
J’ai présenté le document du Conseil déontologique établi par le Comité central du Fnomceo, à partir de l’ordonnance 207 de 2018 de la Cour constitutionnelle sur l’affaire dj Fabo. Le médecin adhère au code d’éthique dans lequel la maladie est notre objectif d’intervention, la mort n’étant pas l’allié du médecin. Si le législateur ne pénalise pas l’aide au suicide pour le médecin, les règles déontologiques qui ne nous permettent pas de provoquer la mort restent valables. La Cour constitutionnelle précise que l’interdiction de l’aide au suicide persiste « à l’exception des malades et des personnes en phase terminale et qu’en aucun cas on ne peut empêcher le médecin de s’opposer à sa conscience, face à des choix autres que la guérison ou l’apaisement la souffrance ».

Le code de déontologie devrait-il changer si une loi prévoyant l’euthanasie était approuvée? 
La réflexion touche les médecins et toute la société. Certes, l’objection de conscience du médecin ne peut être exclue face à une loi qui renverse le paradigme suivi par les médecins depuis des millénaires: à savoir ne jamais désirer la mort. Le code peut être contextualisé, mais il fera l’objet d’une réflexion approfondie. Fnomceo n’est pas une association professionnelle, mais une filiale de l’État. Nous espérons qu’il y aura davantage de contacts directs avec le législateur sur les questions de santé. Il est important de ne pas diviser mais de se concentrer sur des solutions partagées.

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